Mardi soir, j’ai appuyé ma balade radiophonique sur
« SILICIUM » . Parce que tout est dans ce texte. En tout cas, tout mon ressenti du monde et tout le désespoir qu’il m’inspire. Pour moi, l’humanité est une abomination sans nom et faire partie de « ça » une torture de chaque jour. Je ne sais fermer ni les yeux ni les oreilles ni ma conscience et je n’ai jamais ni paix ni repos. Le personnage de « SILICIUM » se force à sortir la tête du sable de temps en temps , il essaie d’aider la vie à éclore quand cela se présente, mais , malgré une espèce de force vitale inexplicable qui le fait survivre malgré tout, il est bien obligé de comprendre que tout est foutu et il met fin à cette souffrance inutile dans le sens qu’elle ne fera jamais rien avancer.
Avec Charlotte, nous avons essayé de voir ce qui, dans notre vie et surtout celle de nos enfants, dépend encore de nous et ce qui a été phagocyté par le Monde Marchand. Qui peut encore croire qu’il éduque ses enfants ? Qui peut affirmer diriger sa vie sans tenir compte des dictats totalitaires des Marchands de vide ? Qui peut ici affirmer qu’il peut choisir l’avenir du monde ?
Avec Charlotte, nous avons vu que la Vie, toute bulle fragile de savon qu’elle soit, avait le don de se revigorer, de reprendre racine après l’incendie, transformait miraculeusement chaque goutte d’eau en moissons futures mais à condition, bon dieu ! qu’on lui foute un peu la paix, qu’on l’épargne quelque temps, qu’on mette un terme à la razzia, qu’on arrête de s’auto éblouir de nos performances techno-mercantiles.
Sinon, c’est cuit. Et quand je vois que le niveau de conscience humaine n’a pas bougé d’un iota depuis les premiers pas des Australopithèques, que la connerie, la hargne et l’égoïsme sont les seules valeurs encouragées par la collectivité soumise corps et âme à son Cancer Economique, je renonce à penser que quoi que ce soit d’ensoleillé puisse se passer. On peut bien se tourner de tous les côtés des horizons utopico- onirico- fantasmagoriques de notre cerveau débridé, on ne trouvera jamais rien qui puisse sauver notre monde. Parce que l’homme est homme, c’est à dire un parasite, une créature crapulesque et moralement débile. Et qu’il a un pouvoir de nuisance formidable, dantesque.
Vous pourrez toujours m’objecter qu’il y a une infinité de gens biens, sensibles, révoltés, aimants, ouverts aux autres, je ne vois pas ce que ça change si toute cette masse admirable continue à croire dans la « normalité » de l’organisation de la société humaine, à croupir politiquement dans des simagrées pseudo démocratiques castratrices. Si on continue à accepter le principe de l’appropriation de la terre, du travail des masses au profit de quelques uns alors qu’il y a tant à faire pour le bien commun… A croire que tout a un prix de marché et que tout doit être marchandisé.
Et comme nos enfants sont élevés dans ce catéchisme-là, ça risque pas de changer. Ou alors en pire.
Reste plus qu’à espérer que nous disparaîtrons comme les dinosaures avant d’avoir eu le temps de rendre notre berceau complètement stérile et désertifié.
Et on a réussi, avec Charlotte, à aborder ces charmantes perspectives dans la bonne humeur et dans une atmosphère sereine de confidences et en dehors de tout sentiment de haine. Juste un grain de dérision…
Ce texte est déposé sur le
« Grand Jeu du Tourniquet » , dans les
« tiroirs » de droite.
Amicalement à « toustes ». Et bon dimanche.